De la rue Sergent Blandan, vous parvenez au bout du voyage, sur la Place Sathonay. Portant le nom d’un maire lyonnais du XIXe, c’est bien le sergent qui vous y accueille. Saluez-le bien, ce héros de guerre engagé en Algérie en 1842 assurait le transport de courrier et réussit, aidé de 18 soldats, à résister à l’assaut de 300 cavaliers le 11 Avril de la même année. Ses blessures eurent raison de lui mais Lyon lui rend un hommage éternel par cet imposant édifice. C’est Mr Jacquard qui lui a laissé la place sur le piédestal. Et oui, rappelez-vous, il garde désormais la Place de la Croix-Rousse !

Faites attention où vous mettez les roues, car vous entrez dans une arène réputée du sport à Lyon. Même si la pétanque a remplacé la boule lyonnaise, les sportifs y furent nombreux et renommés. Édouard Herriot, maire de Lyon pendant 47 ans, était membre du très sérieux Cercle d’Union Démocratique et Sociale, qu’il décrit comme “une école des valeurs républicaines”. Il y a 100 ans, vous auriez pu jouer contre Justin Godart, membre et maire lui aussi : Fondateur des Amis de Guignol, de l’Académie des Pierres Plantées (qui défend les traditions lyonnaises et le parler lyonnais), et de la Ligue contre le cancer.

Vous auriez peut être eu à embrasser la Fanny : La tradition voulait que les perdants soient consolés par une dame montrant ses fesses s’ils ne marquaient aucun point. Aujourd’hui, cela existe toujours, mais c’est un tableau ou une sculpture de bois qui vient remplacer la demoiselle. C’était à l’époque un moyen de se moquer de la morale chrétienne et bourgeoise.

Sources :
LACROUX Louis-François, La Croix-Rousse en flânant, Éditions Xavier Lejeune, 2000, 112p
Musée de la Boule – La Fanny [en ligne], Association Musée de la Boule : http://www.museedelaboule.com/fanny.htm