Que vous arriviez de la Rue Puits Gaillot ou de la rue Joseph Serlin, vous ne rêvez pas : la fontaine Bartholdi n’est pas au milieu ! Rachetée à la ville de Bordeaux, elle a été déplacée en 1922 à la création d’un parc de stationnement sous la place. Les 4 chevaux sont censés représenter les 4 fleuves, et la fontaine, l’écoulement des eaux des pentes de la Croix-Rousse selon le sens du Rhône et de la Saône. Il fallait y penser !

Vous êtes donc sur la place des Terreaux, dont le nom se rapporte au fossé qui bordait, au Moyen-Âge, le sud de l’actuelle place. Construite en 1559 sur la parcelle de terrain des “Terreaux”, elle était jusqu’au XVIIIe siècle, hors du terrain de la ville ! Il s’y trouvait alors le Canal entre Rhône et Saône. C’est le début des pentes de la Croix-Rousse !

Lieu d’exécution du XVIIIe au XIXe siècle, l’histoire raconte qu’une femme y a exercé le métier de bourreau, déguisée en homme. Elle s’était même mariée à une femme pour renforcer l’illusion. À la Révolution, les gones étaient emprisonnés au sous-sol, avant qu’on les amène à l’échafaud sur la Place Sainte-Marie des Terreaux. La rue d’Algérie, ex-rue de la Boucherie des Terreaux, était en pente et donc largement propice à l’écoulement du sang.

Plus proche de nous, c’est le lieu de résidence des maires de la ville. Le plus célèbre d’entre-eux est Édouard Herriot, maire pendant 52 ans ! Président de l’Assemblée, ministre, Président du conseil… Mr Herriot a porté de nombreuses responsabilités ! Ça ne l’a pas empêché d’aller souvent manger au restaurant d’une Croix-Roussienne, Mme Eugénie Brazier, connue comme la “Mère de la cuisine lyonnaise”.

Allez, suivons M. Herriot et grimpons dans la rue Romarin !

Sources :
LUC Robert, Les pentes de la Croix-Rousse au fil du temps, Éditions du Mot Passant, 2003, 120p, (Collection Au fil du temps)