D’une place à une autre, d’une histoire à une autre. Ici, c’est Joseph-Marie Jacquard qui vous accueille. Il ne vous apprendra pas à tisser car il est trop occupé à surveiller les passants de la place de la Croix-Rousse. Mais c’est un repos bien mérité pour l’inventeur du métier Jacquard. En 1803, son métier révolutionne l’industrie de la soie, et entraîne le déplacement des ouvriers de Saint-George à la colline de la Croix-Rousse. Il fallait en effet de hauts bâtiments pour accueillir sa création et ainsi faciliter le travail des Canuts. Malheureusement trop bruyante, c’est l’ardéchois Jean Breton qui améliorera l’invention du lyonnais Jacquard (vous suivez toujours ?).

Bruyante, comme la célèbre Vogue des Marrons. La fête populaire se tient à l’automne sur le large boulevard, et rassemble un nombre important d’attractions qui font le bonheur des petits gones. Ce même boulevard, en 1512, servait de base pour les remparts de la Croix-Rousse sous le nom de Mur Saint-Sébastien. Louis XIII aurait sans doute préféré faire un tour d’autos-tamponneuses…

La place aura connu la joie mais aussi la colère. Autour de vous se rassemblèrent chefs d’ateliers et compagnons qui réclamaient un tarif minimum pour la vente de tissus lors des révoltes canuts en 1831 puis 1834 : « Vivre en travaillant et mourir en combattant », triste devise.

Avançons si vous le voulez bien vers la rue Terme qui… Attendez, c’est ça la rue Terme ? Ce lugubre toboggan réservé aux voitures ? C’est pourtant bien ce mystérieux tunnel qui attire notre attention : vous êtes à la sortie de la plus vieille ficelle de Lyon, la ficelle Rue Terme. Elle porte le nom d’un sacré touche-à-tout : Médecin, Maire de Lyon de 1840 à 1847, député, et fondateur du journal “Le Précurseur”, c’est sous son administration que furent installés les éclairages au gaz et les pavés. Éclairer pour finir dans le noir, pas de chance n’est-ce pas ?

Victime de la concurrence avec la ficelle de Croix-Paquet (moins chère, 1 sou au lieu de 2 et mieux placée), la Rue Terme est transformée en 1963, les voitures remplacent depuis cette date les funiculaires.

Sources :
LUC Robert, Les pentes de la Croix-Rousse au fil du temps, Éditions du Mot Passant, 2003, 120p, (Collection Au fil du temps)
RAFFAËLLI-PERAUDIN Laure & CHUPIN Béatrice, Le Piéton de Lyon, Rando Éditions, 2011, 64p
BARRE Josette, La colline de la Croix-Rousse, Éditions Lyonnaises d’Art et d’Histoire, 2001, 190p