Tel un diplomate gaulois, vous surplombez désormais l’Amphithéâtre des Trois Gaules. Votre arrivée par la rue des Tables-Claudiennes n’est pas une coïncidence : L’empereur, d’origine lyonnaise, accordait par ce discours la citoyenneté aux nobles gaulois. Si vous venez le 1er août (et une petite vingtaine de siècles en arrière), vous assisterez au regroupement des 60 nations gauloises des 3 provinces (la Gaule lyonnaise, la Gaule aquitaine et Gaule belgique). Il n’en reste plus grand chose, et c’est dans les fortifications du pont de la Guillotière que vous pourrez en apercevoir les restes.

C’est aussi le lieu où périrent, en 177, 48 martyrs dont la tristement célèbre Sainte-Blandine. Venus rejoindre la communauté chrétienne de Lyon, elle fut livrée ici-même aux bêtes, qui n’en voulurent pas. Un poteau symbolique leur rend hommage au centre de l’arène, Jean-Paul II lui-même vint s’y recueillir en 1986.

60 ans auparavant, vous n’auriez vu que le Jardin des Plantes. L’Amphithéâtre fut (re)découvert en 1956, celui-ci ayant été enseveli après avoir servi de carrière. Vous n’avez vraiment pas de chance, le jardin a été déplacé à la Tête d’Or. Dommage car le micro-climat de la Croix-Rousse, l’ensoleillement sud et la protection face aux vents froids en faisaient un lieu propice. Même pas besoin de serre !

À part le Monument Burdeau (dédié à l’écrivain / philosophe / homme politique lyonnais), il n’y a presque plus rien qui vous sépare de la Place Sathonay, que vous distinguez en contrebas. En route !

Sources :
LACROUX Louis-François, La Croix-Rousse en flânant, Éditions Xavier Lejeune, 2000, 112p
BARRE Josette, La colline de la Croix-Rousse, Éditions Lyonnaises d’Art et d’Histoire, 2001, 190p
Lyon et les origines du christianisme en Occident – Lettre des chrétiens de Vienne à leurs frères d’Asie et de Phrygie, Éditions Lyonnaises d’Art et d’Histoire, 2011, 125p